[Concours Avril 2014] Caricature d'Atoclès

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DeletedUser42196

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[U]Note de l'Auteur à l'attention des lecteurs de ce texte:[/U]
Ce texte, que j'ai voulu essayer de raccourcir au maximum, d'une part pour qu'il rentre mieux dans le thème de la caricature et pour ne pas décourager les éventuels lecteurs, ainsi que pour le terminer à temps, m'a procuré beaucoup de plaisir à écrire. Ce fut long, dur, et sans réelle relecture. Si j'avais eu plus de temps, je l'aurai réécris en faisant attention aux répétitions et aux fautes d'orthographes(quoique j'ose espérer n'en avoir pas tant fait), c'est un récit assez intéressant à lire et écrire, car il comporte de nombreuses références, soit extérieures au jeu, soit venant directement du forum de Grepolis. 
J'ai donc voulu caricaturer dans ce texte notre cher Modérateur Atoclès, alias la Bête. Vous remarquerez alors qu'il y est pourtant mentionné beaucoup d'autres personnages importants de l'équipe du forum et du jeu, notamment Naolia, Elenes, DoctorHouse et quelques autres, mais le principal intéressé est bien Atoclès, dont j'ai grossièrement accentué les défauts et déformé la réalité de façon à vous rédiger cette histoire assez invraisemblable. C'est donc un respectable hommage à celui-ci, ainsi qu'à tout ceux qui sont personnages dans l'histoire, mais aussi à tous les autres que je n'ai pu citer que j'ai appris à connaître sur le forum Vous remarquerez que j'ai aussi transposé le contexte dans une autre époque, un autre lieu, pour mieux matérialiser les déplacements sur le forum en fait. Là où les actions étaient virtuels car on navigue sur une page internet, elles sont devenues de réels déplacements physiques de personnes. Bref, je vous laisse découvrir ce récit, et bonne chance.
Merci à tout ceux qui auront le courage d'aller jusqu'au bout de ce texte, bonne lecture, et enjoy ! :-)



[SIZE=4][U]I - Rappels d'Histoire de la Terre :[/U][/SIZE]

[U]An 2047 :[/U]
Incident nucléaire de Los Angeles, causant la mort de 224 techniciens nucléaires et quelques riverains très proche, au moment de l'explosion. Plus de 1600 autres morts suite aux radiations.

[U]An 2048 :[/U]
Augmentation sévère de la population et de la pauvreté partout dans le monde. En février,  des révolutions naissent partout en Europe contre les gouvernements corrompus, entraînant le soulèvement d'une grande partie des populations, comme un seul homme, comme une seule âme, dans un seul but. Tentant d'arrêter à temps la corruption et l'inactivité des politiciens, à Paris, le 19 Février, deux millions de personnes se révoltent. La quasi-totalité sont décimés par les forces de l'ordre, entraînant également la mort de 700 000 habitants parisiens innocents n'ayant pas participé à cette révolte. L' Allemagne suit, puis l'Espagne et le Portugal, ainsi que bon nombre d'états européens. Durant les six mois qui suivent les soulèvements de février, partout, les paysages des villes se transforment en d'horribles lieux de guerres civiles entre les rebelles et les forces de l'ordre, partout en Asie, Afrique, Océanie, Europe et Amérique du sud. Le seul continent restant à peu près indemne est l'Amérique du nord.
[U]
An 2049 :[/U]
Alors qu'elles n'étaient que minimes depuis plus d'un an, toutes les transactions et communications de toutes sortes par avion sont coupées. Les grands penseurs, notamment français, en prévision de cette Révolution Mondiale, s'étaient déjà réfugiés au Canada dés le début de l'année 2048. Les États-Unis, en guerre contre les révoltés mexicains au sud, de peur que ces bouleversements dans le monde finissent par atteindre et détruire leur pays, sous l'initiative d'un président corrompus et en partie atteint par la folie, Antoine Castelo, larguent partout dans le monde un total de plus de 267 bombes nucléaires partout dans le monde, n'épargnant que leur propre pays, ainsi que le Canada. L'opération qui consistait à bombarder ces populations innocentes portait le nom de « O.P. Extermination » et dura 17 jours, pendant lesquels on estime que la population du monde à été divisée par 64 environ.
Les radiations entraînent la mort et l'extinction d'un nombre incalculable d'espèces, et conduit à une mutation étrange de la race humaine. Dés lors, les êtres humains peuvent, si leur intellect est particulièrement concentré, transformer leur capacité à la réflexion et leur pensées les plus mûres en énergie pure, l'énergie solaire, le photon.
Vers la toute fin de l'année, en Novembre, naît la mission Sauvetage Humain, au Canada. Les ingénieurs et grands philosophes canadiens et autres francophones réfugiés là-bas créent leur propre navette, propulsée par l'énergie solaire, le photon. On pense qu'elle transporte alors à l'époque plus de 400 personnes, notamment des humains habitués et entraînés à réfléchir, et à penser, de grands producteurs de photons, utiles pour le déplacement de leur propre navette. Celle-ci part le 8 Décembre 2049 de notre ère.

[U][SIZE=4]II - Rappels d'Histoire du Sauvetage Humain[/SIZE][/U]

Le 26 janvier 2050 est le jour de l'arrivée sur Mars de ces personnes. Après de nombreuses constructions est baptisée sommairement Abriville, encore minuscule à l'époque, le 3 Février. Cette toute petite cité va donc progressivement grandir. 

Actuellement, elle compte 6 quartiers. Le premier, nommé « Informations », concerne tout ce qui tourne autour du règlement ou des nouveautés dans la cité. Le second, « Grepolis », contient les discussions générales ainsi que les suggestions pour la cité, et reçoit de nombreux messages. Il y a ensuite les « Projets Communautaires », qui sont là dans le but de réveiller l'intérêt de concours au moyen de concours, suivent alors « Les Mondes », où sont traités toutes les discussions qui tournent autour des différents classification de joueurs. Pour finir, il existe un forum « Communauté », qui reçoit le plus de messages, puis les « Archives », relatant de tout ce qui s'est passé avant dans les autres lieux d'Abriville.

Abriville possède un système de fonctionnement unique dans l'univers. En effet, là-bas, il n'y a pas d'oxygène, ni même d'animaux à élever, ou encore de plantation, il est donc en toute logique impossible de survivre, mais, les ingénieurs venus dans la fusée de base, plus connus sous leur nom officiel d'« Opérateurs », ont créés des machines capables de transformer les photons en électricité, en eau, en nourriture et toutes les autres matières premières. Bien entendu, cela demande une quantité considérable de photons, il est donc indispensable que la production en soit continue. Abriville s'organise donc en quartiers, et chaque rue est une sous-catégorie de chaque quartier. Dans les rues s'échelonnent plusieurs bâtisses, où vivent les habitants d'Abriville. Dans ces bâtisses, ils ont la possibilités de se retrouver et de discuter sur le sujet concerné par le bâtiment en question en fonction de son nom. Lorsqu'un joueur n'est plus inspiré par le sujet, il change de maison, voir de rue et parfois même de quartier pour aller vers des autres thèmes plus variés, histoire de produire le plus possible d'énergie. Dans cette ville assez particulière, existe l'ordre des Manteaux Violets, comme ils sont communément mais non-officiellement communément appelés. Ce sont les « Modérateurs ». Ceux-ci ont pour charge de veiller au bon fonctionnement de la cité, en ouvrant de nouveau sujet dans des nouvelles bâtisses pour plus de productivité, et en en fermant lorsqu'ils ne sont plus utiles et n'assurent plus le maintien de la cité. Ils ont donc à charge plusieurs rues et quartiers, dans lesquels ils font méthodiquement leur ronde. La cité est dirigée par John Doe, le respecté CoMa, aidé de Naolia et Teclis, ses terribles acolytes à la cape rouge. Il y a donc 3 instances qui se partagent la cité, les plus nombreux et importants, les Modérateurs, en quelque sorte la police d'Abriville, puis, les Manteaux verts, les techniciens et ingénieurs de la ville en quelque sorte, ainsi que les trois dirigeants de la cité qui supervisent le tout. Sans parler bien sûr de la hiérarchie au sein même de ces organisations, avec les S.Modérateurs et S.Opérateurs.

Depuis leur arrivée sur Mars, les survivants humains de Terre n'ont jamais cessé de revenir faire quelques passages sur Terre pour recruter de nouveaux arrivants qui auraient pu les aider dans leur tâche. On dénombre aujourd'hui 1216 membres actifs à Abriville, avec les récentes recrues venues de la Terre. Sur Terre, plus de la moitié de la population des États-Unis est morte suite aux radiations causées par les bombes, et il n'existe que très peu de petites communautés de survivants là-bas, l'essentiel étant sur Mars.

[SIZE=4][U]III- Informations complémentaires[/U][/SIZE]

[U][I]Pestilentia bestiali :[/I][/U]
Plus connu sous le nom de « syndrome de la Bête », la pestilentia bestiali est une maladie ravageuse qui détruit peu à peu les cellules représentatives de l'intelligence chez un être humain de sorte qu'il reprenne petit à petit et irréversiblement ses instincts primaires et bestiaux. Généralement, cela se traduit par des crises de démence, environ une tous les deux jours pour un client.. euh.. un patient en début de maladie, et jusqu'à quatre voir cinq fois par jour en phase terminale. La maladie a la particularité de vous rendre plus rapide à la réflexion pendant son déroulement car vous perdez peu à peu des neurones, et pour combler ce manque, le cerveau effectue alors plus vite les connexions entre celles qui restent. Malheureusement cet effet secondaire ne dure pas car dés l'arrivée de la fin de la maladie, le cli... le patient revient définitivement à l'état sauvage. 
La maladie n'est pas transmissible, et seul très, très peu de cas ont étés observés depuis son apparition, en 1986, suite à une mutation des ces humains dû aux effets des radiations à cause de l'accident de Tchernobyl.  On a observé d'autres cas depuis 2011 au Japon à Fukushima, ainsi que, certainement, en Amérique et au Canada depuis 2048, même si la situation est encore récente. On note aussi parfois dans certains cas, elle peut transmettre à son porteur un pouvoir hypnotisant, lui permettant de prendre le contrôle de beaucoup de personnes, malgré quelques-unes ne pouvant être atteintes. Aucun vaccin n'a encore été découvert.

[U]Havre d'Athéna :[/U]
Athéna Parthénos, déesse de la sagesse, à étendu son bouclier sur Abriville, l'empêchant alors d'être influencée par des forces et minimisant les maladies dans l'enceinte de la cité. Depuis son triste  départ de son poste de SOp, il y a quelques jours, on note un retour conséquent de maladies, graves pour certaines, moins pour d'autres, toujours est-il qu'elles mettent plus de temps à guérir et que les maladies génétiques ont ainsi pris de l'ampleur.



Et maintenant, bienvenue dans le vif du sujet, la fameuse histoire du magnifique, beau et puissant Atoclès, ou La Bête.


Atoclès, après un assez long temps d'inactivité dans la cité, avait décidé de revêtir à nouveau son vieux manteau violet, et avait soumis sa candidature a Naolia. Suite à un grand élargissement récent de la cité, avec surtout beaucoup de nouveaux habitants, il était maintenant nécessaire de recruter de nouveaux Modérateurs pour organiser les quartiers et maisons de la cité et pour continuer à produire le plus possible de photons afin d'améliorer le confort de la cité. Il avait donc été choisi d'office pour revenir dans la célèbre police d'Abriville, ayant déjà exercé ce métier plus tôt dans sa vie de citoyen de la ville. 
Il était environ 11 heures du matin, et dans sa maison personnelle, Atoclès préparait son futur déjeuner. On lui avait transmis, pour ce matin, une poule encore vivante. Quelle chance pour lui ! Il faudrait donc qu'il en profite car c'était sans doute pour récompenser son récent retour dans le maintien de la ville qu'on lui avait fait cet honneur. Armé d'un long couteau de cuisine, il s'approcha de son futur déjeuner, lorsque lui vint une terrible palpitation. Pendant un moment, il se recroquevilla sur lui-même, ferma les yeux et sentit un frisson d'excitation bestiale lui parcourir le dos. Il eut une sorte de vision. Il se vit, 7 ans plus tôt, marchant dans les rues de Los Angeles, et observant un immense nuage noir s'élevant de la centrale. La vision se stoppa net et il mit quelques secondes à émerger, observant ses mains, et les poils foncés de plusieurs centimètres qui venaient d'apparaître étrangement. Atoclès se regarda dans la glace, et vit une lueur rouge maléfique dans ses yeux dorés brillant de plus belle. Il tourna ensuite son regard vers la poule, dans une cage posée sur la table de la cuisine, et, à la vue de cet animal innocent et impuissant, les griffes qui ornaient ses horribles et énormes pattes sortirent de leurs cachettes. Il ressentait la soif de sang, maintenant. 
Il souffrait d'un incurable mal.
Affreux. 
Si terrible. 
Trop horrible. 

Il ferma les yeux pour essayer de vaincre sa soif, mais il la sentait en lui, et n'en avait plus le contrôle.
Tel un chat salivant sur sa proie, il observa la triste poule, devant lui, et éclata d'un grand rire diabolique. Le sot volatile, affolé, se mit à le regarder bizarrement lorsqu' Atoclès ouvrit sa cage et dit :
-La vie est injuste, tu vois. Moi, hélas, je n'arborerai jamais le manteau rouge, et toi, tu ne reverras jamais plus la lumière du jour...
Il porta un coup de griffe puissant à son déjeuner, et celui-ci poussa un râle si infâme que l'homme-bête n'entendit même pas la porte de sa demeure s'ouvrir sur DoctorHouse, si bien qu'il continua d’asséner des coups au pauvre animal décédé.
-Ta mère ne t'a jamais dit de ne pas jouer avec la nourriture ? demanda l'arrivant.
-Tiens ! Doctor ! Que me vaut l'honneur de ta visite ? rétorqua La Bête, tout en tournant le dos à l'invité pour se re-transformer en humain.
Sur ce, DoctorHouse observa le corps meurtri de la poule et faillit s'étrangler en découvrant que celui-ci, méconnaissable, était maculé de sang ainsi que la table sur laquelle il reposait. 
-Comment est-ce que.. ? Tu as fait cela avec.. ? bégaya-t-il en désignant l'animal, ce à quoi Atoclès répondit en montrant du doigt le couteau de cuisine, mais quelque chose dût étonner l'Opérateur car il n'eut pas l'air convaincu.
-Ce couteau n'a même pas de traces de sang, tu ne vas pas me faire croire que...
-Normal, je viens de le laver pour éviter que cela sèche, l'interrompit le manteau violet. 
-Mmmh, tu es quelqu'un d'étrange, Atoclès, et tu caches visiblement un  secret. Sache que, quel qu'il soit, je finirai par le découvrir...
-Bon, entrons dans le vif du sujet, veux-tu, et explique-moi la raison de ta visite. Ce n'est pas une simple visite de courtoisie, j'en suis certain, et on n'envoie pas un super-opérateur pour un simple message à transmettre, à ce que je sache.
-Exact, mon cher. En fait, je devais envoyer Elenes mais, trop content de venir t'annoncer la nouvelle, je suis venu en personne. Tu es convoqué chez Naolia pour un sujet apparemment important.
« Trop content de prouver une fois de plus ton aversion pour moi, oui », se dit Atoclès intérieurement.
-Sais-t-on ce qu'elle me réclame? demanda-t-il posément malgré l'évident provocation de son supérieur.
-Oh, pas grand chose, une histoire bête, d'après ce que j'ai cru comprendre... ou alors c'était peut-être une histoire [I]de[/I] bête, je ne sais plus exactement, rétorqua-t-il en souriant.
-D'accord. Elle m'attend après la cérémonie, je suppose ? 
-Bien entendu, tu as donc quelques heures pour méditer ton erreur.  Sur ce, je te laisse à tes..-dit-il en observant vaguement le cadavre de la poule-.. tes occupations.
Aussi vivement qu'il était entré, le super-opérateur sortit du manoir d'Atoclès.
Ce dernier, un peu retourné, observa avec dégoût le cadavre de la poule, mais à l'odeur du sang, il vit des poils pousser sur ses mains, et engloutit l'animal..


Quelques minutes après être sorti de chez lui, Atoclès, en direction des Suggestions, avait la tête un peu ailleurs. Etait-il convoqué chez Naolia à cause de la récente histoire de Culte de la Bête ?! Cela lui semblait étonnant, en quoi cela pouvait gêner Naolia ? Un simple petit culte sans importance pour distraire les habitants ! Bah ! Il le découvrirait bien assez tôt.
Arrivé à sa destination, il vit que l'un des emplacement libre de la rue était maintenant occupé par une nouvelle petite bâtisse. À l'allure miteuse de celle-ci, il comprit tout de suite qu'elle devait avoir été construite sous peu par un tout nouveau joueur n'étant pas encore expert en l'art étonnant qu'était 
celui de créer de nouveaux monuments à Abriville..
Lorsqu'il entra, il vit donc sans aucune surprise que les avis laissés à l'intérieur de la bâtisse n'étaient pas très flatteurs, et, dernièrement, celui-ci avait demandé la fermeture du chantier.
Aussitôt, Atoclès inscrivit sur le panneau qui ornait la porte un message prévenant que la maison était désormais fermée et mit un cadenas sur le portail d'entrée. Il continua ensuite son petit tour dans la grande rue des suggestions, posta quelques avis par-ci par-là, et constata avec tristesse que la beau bâtiment érigé par DoctorHouse, il y a quelques temps déjà, commençait un peu à se faire vide, malgré la bonne idée de départ sur laquelle il avait prit pied, c'est à dire une éventuelle annonce aux habitants des la ville concernant les suggestions..

Atoclès, lorsqu'il arborait le manteau violet pour la première fois, il y a quelques années, n'était pas Modérateur dans ce quartier, et il se rendait compte à présent à quel point celui-ci était actif et intéressant avec le nombre de joueurs qui le traversaient en laissant de nombreuses traces de leur passage enrichissantes pour la cité.
Après avoir longuement tourné dans la zone qu'on lui avait assigné, il décida de se rendre à la cérémonie qui devait normalement se dérouler à 14h. En direction de la grande place, il s'arrêta soudain en chemin, en proie à un profond mal de crâne qui lui interdisait toute réflexion. Suffoquant, il prit rapidement la route de chez lui. Il remarqua alors avec désespoir que des griffes lui avait poussé en chemin.
Il ouvrit la porte de sa grande demeure avec fracas, puis alla s'affaler dans son fauteuil près de l'âtre éteint de la cheminée et prit sa tête dans ses mains, que dis-je ! ses pattes pour essayer de se contrôler, lorsque survint la vision.

Il se revit marchant dans les rues de Los Angeles, comme quelques heures plus tôt dans la matinée, mais il se concentra et amplifia la vision. Il vit alors le nuage radioactif, causé par l'implosion de la centrale à quelques kilomètres au nord de sa position, passer au dessus de lui, et alors, à ce moment-là, il se transforma en bête.. non, pas en bête, il se transforma en [I]Bête[/I]. Totalement métamorphosé, il poussa un terrible hurlement qui effraya les rares passants. Puis, plus rien, il était redevenu normal, un simple humain marchant dans les rues de la grande cité. Quoique... Se pouvait-il que.. ? Oui. Il vit dans ses yeux, quelques chose de monstrueux, il avait désormais des yeux dorés assoiffés de sang..
À côté de lui marchait un homme, pas très grand, visiblement un homme de main, reconnut-il à son costard et son arme à la ceinture :
« Monsieur le Gouverneur, est-ce que vous allez bien ? »
Il se revit observer les environs autour de lui, et répondre avec une immense et cruel sourire :
« Oh oui, je vais beaucoup mieux... »
Puis, il regarda l'homme dans les yeux, et prit possession de son corps. C'était quelque chose d'indescriptible, c'est comme s'il sortait de son corps, et entrait dans celui de son témoin. Il voyait par ses yeux, et entendait ses pensées. Il avait même le pouvoir de lui insuffler les siennes en le forçant à se plier à sa volonté.

La vision se stoppa nette. Gouverneur ? songea Atoclès. Je ne comprends pas comment j'ai pu oublier cela. Avant d'avoir revu cette tranche de son passé, il n'aurait jamais pu se rappeler qu'il fut un jour Gouverneur. Et pourtant.., comment l'avoir oublié ?!
C'est alors qu'il rechercha dans son passé, et se rendit compte qu'il avait purement et simplement tout oublié, il n'avait aucun souvenir de ce qu'il s'était passé entre l'incident nucléaire de Los Angeles en 2047 et le moment où il avait débarqué sur Mars, aidant alors à la construction d'Abriville. Il n'arrivait même plus à mettre un nom sur son propre visage. Une ellipse de plusieurs années dans sa vie.. incompréhensible.. 

Lorsqu'il ouvrit les yeux, il se trouvait toujours dans son salon, mais quelque chose avait changé.. Oui, il ne se trouvait plus dans son fauteuil.. Il était debout au milieu de la pièce, et vit que tous les meubles avaient été renversés, avec d'apparentes marques de griffures et morsures, le prix de la vision, sans aucun doute. 
Il regarda alors sa montre et se rendit compte avec étonnement qu'il était déjà 15h20 !
Oh mon dieu, pensa-t-il, la cérémonie doit être finie.. et j'ai rendez-vous avec Naolia !

Sur ce, il sortit rapidement et se dirigea en direction du Palais. C'était un gigantesque bâtiment en marbre blanc qui abritait dans les sous-sols les machines contrôlées par les Opérateurs et les bureaux des Managers ainsi que leurs espaces de travauil aux étages supérieurs. Lorsqu'il arriva en face, il remarqua que la splendeur du bâtiment lui faisait toujours le même effet. Les colonnades et les statues des anciens dieux grecs étaient bien une part des plus belles ressources culturelles que les Terriens avaient pu ramener ici.
À l'entrée de l'imposant Palais se trouvait une petite porte en fer ornée de gravures représentant l'arrivée des habitants d'Abriville sur Mars, quelques années auparavant, et, à côté, un détecteur de cartes était présent. Il y passa son accréditation violette, et, après que la voix lui eut dit « Bienvenue, Modérateur Atoclès », la porte s'ouvrit sur un petit hall d'entrée avec un guichet.
Derrière se tenait Elenes, apparemment de garde ce jour-là. 
« Tiens ! Atoclès !
-Elenes ! Cela faisait longtemps !
-Oui, je ne t'ai pas vu à la cérémonie aujourd'hui, tu étais de garde dans la ville ?
-Euh non, c'est à dire que.. Je ne me sentais pas bien, disons.
-Qui a-t il, Ato, toi aussi tu es malade ?
-Comment cela « moi aussi »?
-Eh bien Bealorn ne va pas bien non plus ces temps-ci, ainsi que Jahl, j'espère en tout cas que nous n'avons pas à faire à une épidémie.
-Une épidém.. ah euh oui, peut-être. En tout cas moi ce n'est pas vraiment cela je crois, mais il serait trop long de t'expliquer, et je suis attendu par Naolia.
-Oui, répondit Elenes, ne la fais pas attendre, il paraîtrait qu'elle n'est pas vraiment satisfaite de ce que tu as fait, après, je ne suis au courant que des ragots que l'on peut trouver par ici, je ne connais pas exactement non plus la teneur de ton infraction.
-Ok, je ferais mieux d'y aller vite, dans ce cas. Par contre, est-ce que tu peux me dire comment s'est passée la cérémonie ?
-Bien évidemment ! Elle fut assez sommaire, comme d'habitude. Athéna Parthénos s'est contentée de rendre son Manteau Vert foncé de Super-opérateur et Naolia l'a remis à Ombre Colorée.
-Ombre Colorée est le nouveau Super-opérateur ?! Il faudra que je pense à l'en féliciter un de ces jours !
-Oui, c'est un événement qui se fête, bien que beaucoup aujourd'hui furent émus par le départ d'Athéna. Bon allez, ne traîne pas, je crois que Nao est d'une humeur massacrante depuis la cérémonie. Je suppose que tu connais le chemin.
-Très juste, à plus tard Elenes !

Sur ce, il prit le couloir en face de la porte, puis monta une série d'escalier assez rapidement avant d'atteindre le palier supérieur où trônaient les bureaux de John Doe, Naolia et Teclis Lyuwee.
Il se surprit à penser à Elenes pendant qu'il s'approchait du bureau de sa supérieure. Une bien sympathique opératrice, toujours à l'écoute des tracas des membres du staff, voire en fait de tous les habitants de la cité. Peut-être pourrait-il lui parler de sa maladie, des problèmes de transformation qu'il rencontrait depuis quelques temps. Elle l'écouterait, tenterait de l'aider sans le condamner par avance. Il n'était pas fou, il était juste malade. Mais cette maladie allait peut-être lui servir pour en apprendre un peu plus sur son mystérieux passé.

Atoclès observa sa montre et vit qu'il commençait à se faire tard, déjà un peu plus de 16 heures. Il observait la porte du bureau du Manager quand il se résigna en se disant que de toute façon, ce n'était pas en arrivant plus tard qu'il risquait de mettre de meilleure humeur Naolia. Il montra donc son accréditation à la seconde porte fortifiée qui s'ouvrit en l'annonçant : « Votre visiteur, le Modérateur Atoclès ».
« Ah ! Bonjour à vous, mon cher Atoclès. Allez-y, entrez. »
Le manteau violet s'avança prudemment dans le bureau.
« Community Manager Naolia ! Que me vaut le plaisir de cet entretien ? répondit-il galamment.
-Oh ! Une simple petit vérification de routine. Mmmh, si je me rappelle bien, vous vous êtes vu administrer dernièrement le maintien des quartiers Suggestion et Détente, me trompe-je ?
-Non, rétorqua-t-il, c'est bien cela. »
La jeune femme au Manteau Rouge triait des dossiers sur son bureau.
« J'ai cru glaner récemment dans la cité quelque chose à propos d'un nouveau culte parmi les habitants. Celui de la Bête, une sorte de religion vouée à la bestialité, aux insectes et à la putréfaction...
-Ça n'a pas l'air très glorieux, vu comme cela, en effet..
-Exactement. C'est purement et simplement le genre de chose que je ne veux pas voir à Abriville.
-Je vous comprends tout à fait, ma chère. Mais.. qu'ai-je à voir avec ce mouvement ?
-Ne faites pas l'innocent, Atoclès, on m'a aussi rapporté que vous seriez à l'origine de tout cela. 
-Ah ! Me voilà démasqué, glissa-t-il pour tenter de détendre l'atmosphère. Oui, c'est bien moi qui suis à l'origine de cette agitation. Mais, laissez-moi vous expliquer ma démarche. Vous savez, dans l'ancien monde, je veux dire, sur Terre, les habitants avaient coutume d'avoir une religion, d'avoir le choix. La religion polythéiste grecque est actuellement la seule disponible et ne convient pas à tout le monde, et je remarque que bon nombre des habitants ne se rendent quasiment jamais aux temples dédiés à celle-ci. Si on laissait aux gens le choix, ils y mettraient peut-être plus de cœur, et ce serait l'occasion de produire encore plus de photons qu'actuellement. »
Sur ces vaines explications, Atoclès, trempé de sueur de peur d'être dégradé, tenta de découvrir les pensées de Naolia en analysant ses faits et gestes mais il ne réussit pas à en découvrir plus que le fait qu'elle semblait juste en intense réflexion. Après quelques minutes sans réponse, le Modérateur étant plus que stressé, elle se décida à répondre :
« Mmmmh, votre idée est louable, Modérateur Atoclès. Néanmoins je n'aime pas trop que l'on commence à s'investir trop dans les religions dans cette cité, et encore moins comme une confidence dans le dos des autorités. Je vous autorise donc à continuer ces activités si vous les officialisez dans une bâtisse dans le domaine qui vous est attribué, la Détente. Vous avez 24 heures pour me prouver que c'est une idée et un concept intéressant apportant aux habitants la joie et la bonne humeur.
-Je vous remercie de votre bonté, chère Manager Naolia.
-Vous pouvez vous retirer »
Atoclès, ne se faisant pas prier, sortit de la pièce. Il fit donc quelques pas en se dirigeant vers le rez-de-chaussée, lorsqu'il eu un début de migraine.
« Oh non.. ça ne va pas recommencer, pas maintenant ! »
Il dégringola les escaliers le plus vite qu'il put mais il était déjà trop tard : la métamorphose commençait. Il arriva en boitant jusqu'au bureau d'Elenes, à l'accueil, qui était en train de partir. Lorsqu'elle le vit si mal en point, elle courut vers lui et dût lui poser deux ou trois questions pour savoir s'il allait bien. Atoclès ne répondit pas, il s'était déjà évanoui.

Il se vit dans les rues de Washington cette fois-ci. Il marchait dans la rue avec le même homme de main que la dernière fois, et il s'aperçut non sans étonnement que la plupart des passants lui faisaient des sourires : « Prêt pour demain, monsieur ? », ou encore « C'est un grand jour pour l'Amérique ! » voir même « Vous étiez désigné pour ce rôle, vos adversaires n'ont aucune chances ! ».
Il s'observa ensuite un long moment marcher dans les rues de l'immense ville terrestre, puis s'arrêter devant une luxueuse demeure. Son regard s'attarda sur le paillasson, où était écrit «[SIZE=3] Bienvenue chez Antoine [/SIZE]! ». 

La vision s'arrêta net, et quand il ouvrit les yeux, il remarqua avec stupeur qu'il était chez lui, allongé dans son lit, trempé de sueur. Elenes attendait patiemment à son chevet, assise sur une chaise en lisant le Grepolis Times qu'elle laissa choir sur le sol dés qu'elle vit qu'il était réveillé.
« Atoclès ? Est-ce que tu vas mieux ?
-Où suis-je, que.. que s'est-il passé ?
-Tu ne te souviens de rien ? Je t'ai raccompagné jusqu'à chez toi, tu as eu du mal à arriver jusqu'ici mais finalement, tu as tenu le coup. Par contre, tu n'avais pas l'air d'être conscient de ce qui se passait autour de toi.
-Est-ce que j'ai... j'ai..
-Morpher ? Oui, tu t'es transformé en une espèce de Bête pendant ton sommeil.
-...
-C'est donc ça ta maladie.. tu es atteint par une sorte de virus, n'est-ce pas ?
-...
-Ato, c'est moi, Elenes ! J'essaye de t'aider !
-Je.. ,il tourna vers elle un regard baigné de larmes. C'est.. c'est incurable, Elenes.. »
Un petit moment de flottement suivi son annonce, pendant lequel Elenes essaya vaguement de cacher ses émotions.
« Je suis sûr que les médecins d'Abriville trouveront un remède, ils pourront t'aider !
-Non ! Elenes, c'est une maladie incurable ! Je sais qu'il ne me reste que peu de temps à vivre.. Si les Managers apprenaient pour ma maladie, ils me retireraient mon Manteau Violet, tu comprends cela ? Il ne me reste que peu de temps pour profiter de ce que la vie m'a offert, une seconde chance sur Mars ! Si je devais succomber à cette terrible infection, alors, je désire que ce soit en homme digne, dans l'exercice de mes fonctions, le Manteau Violet sur les épaules, le sourire aux lèvres. »
Cette fois, Elenes n'en put plus, elle fondit en larmes.
« Ato...
-Je sais que c'est dur de te demander cela, mais par pitié, ne le répète à personne ! Durant toute ma vie, j'ai suivi les ordres, je n'ai fais qu'obéir, en respectueux serviteur, dans le but d'être un jour libre de mes choix. Maintenant, je sais que l'on vient de me priver des plus belles années de ma vie. Je t'en supplie, laisse-moi au moins la liberté de choisir la façon dont je veux mourir, car je choisirai la plus belle, celle qui me fera mourir honorablement.
-Je.. Ato, je... Je t'accorderai cette faveur, dit-elle les yeux rouges. »

Ne sachant pas quoi ajouter de plus, Elenes finit par lui demander :
« Est-ce que tu auras encore besoin de moi ?
-Non, merci de ton aide. »
Il réfléchit quelques instants, puis ajouta :
« Quelqu'un m'a-t-il vu me transformer ?
-Non, répondit-elle, nous étions déjà arrivés chez toi lorsque cela à eu lieu. »
Sur ce, n'en pouvant plus, elle se désola puis le laissa méditer tranquillement.

Il ne savait plus quoi penser, à vrai dire. Il avait menti à Elenes. La maladie était incurable, en effet, mais il ne s'apprêtait pas vraiment à mourir, s'il avait bien retenu ses cours de biologie au lycée, il lui restait encore quelques années avant d'en succomber. Mais pourquoi lui avoir menti dans ce cas ? Le problème était bien là, il n'en savait rien du tout. Tout du moins, il savait quelque chose, mais il ne voulait pas l'avouer. Depuis le retour de la maladie, au fond de lui, il n'avait plus vraiment le contrôle de ses actes. Il avait lancé son culte de la Bête, un culte en honneur à lui-même en fait. Et il comptait bien l'amener à terme. Mais il avait besoin du champ libre, si il voulait durer. En fait, si Elenes avait révélé son secret à qui que ce soit, c'en était fini de sa carrière, ainsi que de son culte, qui était l'une des dernières choses qui aurait pu lui amener un peu de gloire dans sa courte existence. Encore faudrait-il qu'il fasse ses preuves, pour le nom de son culte.
Il observa l'heure, quasiment 22 heures. Un peu tard pour tenter quelque chose, aussi essaya-t-il de se rendormir. 
Après quelques dizaines de minutes d'insomnie, il décida de sortir, car après tout, la nuit n'était pas le domaine de la Bête ? Se fondre dans les ombres. Parmi les ombres. Devenir une ombre. Une ombre plus noire qu'un ciel de nouvelle lune. Et planer sur Abriville, son dernier rêve. Il s'était promit qu'il l'accomplirait coûte que coûte, quel qu’en soit le prix, parce qu'il s'était suffisamment battu pour les autres. Il était temps qu'il serve sa cause, sa propre cause, qu'il affirme sa liberté, et qu'il devienne l'un des plus grand meneurs qu'Abriville ait connu.
Dans un moment de folie semi-bestiale, il se fit la promesse d'un jour arborer le Manteau Rouge. Et de révolutionner le monde d'Abriville, afin de s'orner d'un Manteau Noir. Et rien qu'à ces projets parfaitement tirés de sa folie pure et profonde, tremblait la cité face à la noirceur de son cœur et à la motivation innée qui le poussait.
Pour asseoir sa domination, il avait quand même besoin d'alliés solides, mais il savait où les trouver. Et si ses dernières visions disaient vrai, il lui serait encore plus facile pour lui de prendre le contrôle d'Abriville. Il sortit donc de chez lui, et traîna dans les rues jusqu'à 3 ou 4 heures du matin, il ne savait plus trop bien. Il cherchait des interventions des joueurs dans les différents quartiers de la ville. Il voulait un Leader, quelqu'un capable de mener le mouvement de la Bête, tout en le contrôlant tranquillement lui-même de sa position. C'est alors qu'il le découvrit. Quelqu'un de charismatique, suffisamment apprécié dans la cité, et maîtrisant l'art des mots avec brio. 
Il se rendit donc chez l'habitant qu'il ciblait. Il sonna à la porte, et, un homme assez jeune lui ouvrit :
« Bonsoir, cher Modérateur Atoclès, que me vaut le plaisir de cette visite si tardive ? »
Étant donné l'heure tardive, la Manteau Violet ne s'attendait pas à trouver son interlocuteur debout, il supposa alors que celui-ci devait encore être en train de lire, ou quelque chose comme ça en tout cas. Bien, très bien, car c'était quelqu'un d'érudit qu'il lui fallait pour mener son mouvement. 
« DjMawpak ! Je suis ici pour vous faire une requête.
-Je vous écoute.
-Vous aurez certainement entendu parler du nouveau mouvement qui a lieu partout dans Abriville pour la création d'un nouveau Culte, celui de la Bête.
-Non, il ne me semble pas en avoir entendu parler, je sors peu,ces temps-ci.
-Mmh, je crois que vous n'avez pas compris, dit-il, une lueur s'allumant dans ses yeux. [FONT=Impact]Vous avez entendu parler de ce mouvement, et vous avez énormément de chance, car je vais faire de vous le premier prêtre de ce nouveau Culte[/FONT].
-Je vais devenir le prêtre de ce Culte.. mais c'est génial ! Cela veut dire que demain je vais devoir commencer à bâtir en détente un nouveau bâtiment en l'honneur de la Bête ? Pour pouvoir désormais animer des messes en l'honneur de notre nouveau Dieu !
Atoclès avait vu juste. Le pouvoir qu'il s'était vu utiliser dans sa vision était toujours bien présent. Car les yeux de DjMawpak étaient maintenant dorés...

Il était déjà 9h40 quand le Modérateur, après une assez courte nuit, se décida à sortir de chez lui. Il avait rendez-vous à 10 heures pétantes pour voir son nouveau serviteur annoncer la messe.
Lorsqu'il arriva dans la rue Détente, il fut impressionné de voir que Dj n'avait pas perdu de temps. Là où n'était qu'auparavant un champ de ruine datant de temps antérieurs à ses responsabilités dans le quartier trônait désormais une magnifique cathédrale avec un impressionnant vitrail représentant la Bête sur sa façade. Après quelques minutes à avoir tenté de détailler les gravures sur les murs, Atoclès se rendit enfin compte de l'ampleur de l'événement. En effet, devant cette nouvelle construction s'étaient attroupés presque une centaine d'habitants d'Abriville ! C'était sans aucun doute l'une des premières fois dans toute l'histoire de la cité qu'un simple nouveau bâtiment, en Détente qui plus est, attirait autant de monde rien à qu'on ouverture.
À l'entrée, DJ, habillé d'une soutane noire en velours, pris la parole :
« Mes biens chers frères, mes biens chères sœurs, approchez, approchez pour venir découvrir le nouveau et phénoménal Culte de la Bête ! Ici, tolérance est de mise et notre Dieu est bon et à l'écoute de vos soucis.
Je déclare maintenant cette première messe en son honneur, ouverte au public ! »
Sur ces paroles, deux gardes, certainement recrutés par le prêtre lui-même, ouvrirent les immenses portes dans un fracas menaçant. L'intérieur était assez sobre, avec un parquet en sapin et de grandes colonnades grises de part et d'autre de la salle, pour soutenir la voûte. 
Les bancs, grands et en bois sombre, rehaussés de coussins de couleur rouge, étaient agréablement confortables, remarqua alors le Modérateur. Une soixantaine de personnes avaient déjà pris place dans la salle quand Dj se décida enfin à animer la messe :

[CENTER]En ma récente qualité de Grand Prêtre du Culte de la Bête, j'organise cette réunion entre fidèles chaque semaine.
Pour les hérétiques qui seraient parmi nous, sachez que votre âme n'est pas encore perdue !
Si vous ne connaissez ni de nom, ni d'enseignement, notre Dieu, la Bête, aussi connu sous le nom d'Atoclès, 
je vous instruirai afin que votre âme soit purifiée de vos croyances antérieures.

La Bête est créatrice de toute chose. 
Il a sorti ce monde et les êtres vivants qui le peuplent du néant afin de le faire prospérer.
La Bête est également amour, compassion et miséricorde.
Sous ses dehors hideux, bestiaux, il pardonne, raisonne et aime les êtres qu'il a créés.
La Bête n'est pas un imposteur.
C'est un être intelligent et éternel mais il ne vit pas au-dessus de nous en supérieur.
Il est parmi nous et nous guide par ses réflexions et ses déclarations.
Il a même intégré notre gouvernement afin de le rendre meilleur !
Priez la Bête et votre bonheur ainsi que votre postérité sont assurés.

Voici quelques chants et prières, en latin, comme Sa Majesté l'a exigé, que vous pourrez réciter. 

Salve sancta parens
Enixa puerpera Dominum
Qui caelum terramque regit
In saecula saeculorum


Eructavit cor meum
Verbum bonum
Dico ego opera mea Dominum


Gloria Bestia
Sicut erat in principio
Et nunc et semper
Et in saecula saeculorum 

Parce que la nuit sera sombre, et pleine de terreurs
Bénie soit la Bête qui l'arpente..
Kénavo ![/CENTER]


Atoclès en fut émerveillé. Et dire qu'il ne lui avait fallu pour réaliser cela que d'hypnotiser la bonne personne ! Si simple que c'était, et pourtant si efficace ! Avec des atouts pareils, aussi n'aurait-il pas de mal à se tailler un nom dans la grande cité !
Il vit alors que, quelques rangs devant lui, DoctorHouse, ayant assisté à la messe, avait l'air de ne pas avoir totalement apprécié. Lorsque celui-ci sortit de la salle, il alpagua son collègue Modérateur.
« Dis-donc Atoclès, ne penses-tu pas en avoir assez fait ? Je m'étonne déjà que Naolia t'ai laissé ton Manteau Violet, mais là, je pense que tu peux dire adieu à ta carrière.
-Vous vous méprenez, mon cher. Cette messe n'est que le fruit de l'adoration que Dj et ses fidèles vouent au Culte de la Bête, je ne suis donc nullement derrière cette nouvelle religion.
-Ne joue pas avec moi, je ne suis pas Elenes, tu ne peux tout simplement pas espérer me tromper aussi facilement. »
Atoclès, prit au dépourvu, faillit en perdre le cours de ses pensées, mais, ne voulant rien en laisser paraître, il se reprit et demanda :
« Puis-je savoir exactement ce qu'elle a pu te dire ?
-Pas suffisamment pour t'incriminer, je le crains. En fait, elle ne m'a rien dit du tout, elle n'a même pas répondu à mes questions, c'est pour cela que ça m'inquiète. Je ne sais pas ce que tu lui as fait, mais je vous ai vus marcher ensemble hier soir, et je compte bien tenter de comprendre ce que vous faisiez.
-Quelle suspicion ! rétorqua Atoclès, moqueur, je me suis toujours demandé si le rôle si protecteur que tu jouais dans sa vie n'était pas le fruit d'un amour caché pour elle ?
-Ce fut ta dernière provocation, mon cher. Je vais tout d'abord commencer par démanteler ton nouveau Culte, et ensuite, je jure sur ma propre vie, et celle de tous les habitants d'Abriville, que lorsque j'en aurai fini avec toi, plus jamais tu ne te pavaneras avec ton Manteau Violet. À bon entendeur, salut, et si j'étais toi, je prierai la Bête de ne plus jamais croiser mon chemin. »

Il faut avouer que DoctorHouse n'avait pas été sans effet sur notre Atoclès. Celui-ci avait d'abord été étonné de voir qu'il n'avait pas réussi à l'hypnotiser. Mais il lui semblait tout de même se souvenir pourquoi.. oui, cela ne faisait aucun doute. Lorsque la suspicion traînait dans l'esprit de son interlocuteur, en tout cas s'il avait le moindre le doute sur les intentions de la personne qui l'abordait, alors il ne pouvait plus compter sur l'effet de contrôle d'esprit conféré par la maladie.
Bref, toujours est-il qu'il faudrait maintenant qu'il prenne garde et surveille les complots que tramerait le Super-Opérateur à son égard. 
Depuis ses menaces, avant même d'avoir peur pour sa place, il avait d'abord peur pour le culte et savait que son existence ne tenait qu'à un fil si son adversaire se décidait à porter le coup fatal en exposant ses propos à Naolia, c'est pourquoi il décida d'assurer ses arrières par un moyen assez exécrable.

À la sortie de la messe, il rencontra Ville de Hermès, dont il ignorait qu'il avait assisté à la cérémonie.
« Eh bien mon cher ! Je ne vous savais pas du goût de vous intéresser à ce genre de récits !
-Au contraire brave Atoclès ! Je m'intéresse à tout ce qu'il y a d'ancien dans le monde, et je peux vous affirmer que ce Culte est basé sur une série de restes mythologiques grecs venant tout droit de la Grèce Antique !
-Seriez-vous en train de me dire que tel un monstre des temps passés comme le Minotaure, l'une des seules légendes intactes nous venant de notre ancienne culture et rapportée par Ombre Colorée, la Bête, serait une réalité ayant réellement existé sur Terre ?!
-Tout à fait mon cher, et je suis heureux que nous ayons enfin quelques retours des récits mythiques écrits par nos aïeux ! Béni par la Bête soit Dj !
-Mmmh, cela me pousse en fait à vous faire une confidence.. En réalité, ce Culte est né de l’œuvre de Dj, bien entendu, avec ma collaboration pour une partie de sa mise en place.
-Ahaha ! Vous ne cesserez jamais de m'impressionner, mon cher !
-Eh bien, en fait, puisque vous avez l'air de tant vous intéresser à nos travaux, que diriez-vous d'une place dans notre organisation de Grand Législateur du Culte ?
-A vrai dire, je ne sais pas trop quoi en penser. Je suis déjà pas mal investi dans d'autres endroits dans la cité.
-Non, je voulais dire, [FONT=Impact]vous devriez accepter[/FONT], conseil d'ami. »
Pendant un petit moment, Atoclès crut que ça n'allait pas marcher. Heureusement pour lui, Ville de Hermès était assez réceptif à cette forme d'hypnose.
« Bien entendu ! Ce serait un honneur pour moi !
-Dans ce cas, je vous laisse vous expliquer avec DjMawpak pour gérer votre nouveau rôle dans la ville ! »


Le Modérateur avait quand même un peu de remord à manipuler ainsi son vieil ami VdH. Mais, après tout, avait-il le choix ? S'il voulait devenir quelqu'un d'important, il lui faudrait forcément, à un moment ou à un autre, se salir les mains : il le savait. Tant qu'à se jeter dans la vengeance, autant s'y mettre corps et âme, c'est pourquoi il rentra chez lui et prit en partie à distance le contrôle de son collègue.

Il se sentit s'évaporer, et entrer comme à l'intérieur du corps de la cible visée. Celui-ci était en train de gérer les Suggestion dans la rue correspondante, comme à son habitude. Atoclès frissonna lorsqu'il prit le contrôle du corps. En même temps, c'était une sensation assez excitante, avoir quelqu'un sous ses ordres. De l'autorité. Mieux même, du pouvoir. D'un côté, Ville de Hermès avait toujours été son ami, depuis son arrivée à Abriville il y avait déjà deux ans et demie. Il avait même encouragé son passage chez les Modérateurs, alors, après tout, celui-ci pouvait bien lui rendre ce petit service qu'il lui imposait aujourd'hui.
La Bête obligea mentalement VdH à arrêter ses occupations, et à appeler un Opérateur. Quelques minutes plus tard, et à la grande satisfaction d'Atoclès, Elenes répondit :

« Salut Ville de Hermès, que puis-je faire pour toi ?
-Bonjour.. Chère.. Elenes -Peuh ! Atoclès était un peu rouillé avec le contrôle de la parole, ce matin il avait laissé Dj s'occuper de tout tout seul mais il lui était impératif de régler cela lui-même en gardant le contrôle dans le cas présent-. J'aurais, aimé, voir, Naolia, le, plus, tôt, possible.
-Ah, euh.. Pas de soucis, elle n'a normalement pas de rendez-vous actuellement, tu peux passer la voir pour 11h30 si tu y tiens.
-Merci de, ta coopération, Opératrice Elenes. Je passerai voir, Naolia, à l'heure, prévue.
-Ok, tiens-moi informée s'il y a du changement, et passe une bonne journée ! »

Après avoir brièvement salué la jeune femme sur son visiophone, il entraîna ensuite son ami vers le Palais pour arriver à l'heure au rendez-vous. Encore une fois, mauvaise surprise, il constata avec énervement que son possédé marchait de travers. Il se dit donc qu'il avait de toutes façon une petite dizaine de minute d'ici jusqu'au Palais pour s'entraîner à marcher et parler. C'est donc au (très) grand étonnement des habitants que déambula dans les rues un Ville de Hermès sauvage ne marchant pas très droit et parlant tout seul. 
Arrivé devant la porte blindée du Palais via le corps de son ami, il présenta l'accréditation de celui-ci. À son plus grand effarement, le mécanisme de la porte reconnut Ville de Hermès mais le scanner oculaire, lui, vit les yeux dorés d'Atoclès dans le regard de son ami. La porte annonça donc :
« Bienvenue, Modérateur Ville de Atoclès ». Encore un imprévu qui aurait pu payer s'il n'avait pas eu lieu dans les mêmes circonstances mais il n'y avait Elenes, au guichet, intriguée par le visiteur au nom particulier :
« Ah, c'est bien vous, Ville de Hermès.
-Oui, sans doute un énième... bug de cette satanée porte., Ah, la techno – logie, répondit-il approximativement. »

Sur ce, il se dirigea vers le Bureau de Naolia, grimpa une paire d'escaliers en zigzaguant et, encore une fois sous le nom de Ville de Atoclès, déboula dans le bureau du Manager.

« Bonjour à vous, Modérateur Ville de Hermès, j'ai cru comprendre que vous aviez émis la requête d'avoir un entretien, n'est-ce pas ?
-C'est tout à fait cela, madame.
-À quel propos est-ce ? le questionna-t-elle. »
L'hypnotiseur, tout d'un coup angoissé, commença à perdre le contrôle.
« C'est par-ce, que. Ce, ma-tin, j'ai, geai, jai assi-sté. J'ai,. assisté à un-e, u-ne dé, une dé..
-Voyons, Modérateur VdH, soyez plus clair dans vos propos je vous prie !
-Par, pardonnez-moi, madame. Ce matin, j'ai, assisté à la Messe en, l'honneur du Culte de la Bête, madame, et je ne sais pas si vous l'avez, autorisé mais en tout cas, je tenais à vous dire que je, loue l'initiative de DjMawpak. J'ai bien vu que les habitants présents à ce moment-là étaient fascinés par cette nouvelle religion qui se dessinait.
-Ah ! J'ai aussi eu un retour tout à l'heure du Super-Opérateur DoctorHouse, qui, lui, était assez mécontent.
-DoctorHouse ? Oh, je pense qu'il ne faut pas forcément tenir compte de son avis, il n'est pas impartial, lorsqu'il s'agit des idées d'Atoclès, ils ont eu un petit différent tout les deux récemment je crois, au sujet de la belle Elenes.
-Tiens, j'apprends ici des choses intéressantes. Je devrai mieux surveiller les personnes à qui j'offre des tâches importantes, je pense que ça a vite fait de leur monter à la tête, parfois. Bon, le sujet est clos, ce Culte à l'air d'être une bonne idée, je pense le laisser pour l'instant en essai. Aviez-vous d'autres choses dont vous désireriez m'entretenir ?
-Non, je pense que c'était tout. Je vais vous laisser, au revoir, Naolia.
-À bientôt, Modérateur Ville de Hermès ».

Il fit descendre les marches à son ami puis quitter le Palais, puis sortit de son corps. La possession avait rudement fatigué le Manteau Violet, qui décida alors, pour rattraper la courte nuit qu'il avait vécue, de faire une sieste.

Lorsqu'il se réveilla, Atoclès eu la surprise d'être totalement fourbu. En effet, il était très fatigué, presque plus qu'au moment de se coucher, puis il avait des courbatures dans les bras et une légère envie de vomir. 

Il devait être à vue de nez 23 heures. Le Modérateur entendit de l'agitation et des cris dehors, et se décida donc à sortir. Dehors, il fut étonné pour l'heure tardive de trouver un attroupement de personnes dans la rue à côté de chez lui. Les gens criaient, couraient de partout et affluaient vers le cœur de l'événement, où tant de personnes étaient regroupées. Des hurlements tentaient de dire quelque chose :
« Appelez un manteau violet, par pitié ! »
« Horri-ble ! C'est Horrible ! C'était un hérétique, il ne croyait pas au Culte de la Bête et en fut sévèrement puni, disait un allumé parmi les autres de la foule ».
Atoclès, sa cape mauve volant au vent derrière lui, il se précipita au milieu de façon autorité :
« Écartez-vous, je vous prie, laissez-passer un Modérateur ! »
Les gens, conformément à ce qu'il avait espéré, s'écartèrent sur son passage, mais le spectacle qui lui était donné de voir lui plut encore moins que ce qu'il aurait pu espérer.
« Matt', oh non.. Matt',... non, ..non…. MATT ! »
Devant lui trônait le cadavre dépecé, violemment griffé et partiellement dévoré de Matthias 25, un grand ami du Modérateur. 
Mais ce n'est que quelques minutes plus tard qu'il prit conscience de l'ampleur du désastre, lorsqu'un habitant s'écria :
« C'est.. C'est le premier mort de toute l'histoire d'Abriville, en 4 années d'existence ! Et.. ce n'est pas une mort naturelle, il a été sauvagement abattu, c'est un meurtre ! Un meurtre gratuit ! »
À cette annonce, les passants, affolés, commencèrent à suspecter leurs voisins et à courir dans tous les sens.
« Gardez votre calme, et dispersez-vous, les agents de la cité vont bientôt mener l'enquête sur ce qu'il s'est passé, annonça Athéna Parthénos, qui venait d'arriver d'une rue adjacente. »
Même s'il n'avait plus aucuns droits dans la cité, la présence d'un membre supérieur de la Direction de la cité eu pour effet de rassurer la population. Elenes arriva, quelques minutes plus tard, elle aussi, puis appela Naolia depuis son visiophone.
Lorsqu'elle vit Atoclès, agenouillé au sol en train de pleurer la dépouille de son ami, elle l'emmena au calme loin de la foule et il lui demanda de le raccompagner jusqu'à chez lui.

« Atoclès.., commença-t-elle, compatissante. Je sais à quel point c'est dur pour toi, qui l'a bien connu.. »


Il est certain qu'elle eut été plus affectée s'il elle l'avait côtoyé aussi souvent que lui.
« Dis-toi qu'il est dans un monde meilleur maintenant, et que la Bête veille sur lui. Ato... je te promet que je ferai tout ce qu'il faut, avec l'aide du staff de la ville, pour retrouver et punir le coupable de ce crime odieux »
Mais elle parlait dans le vide. Atoclès continuait de pleurer. Il venait d'avoir un moment de lucidité, le plus réel depuis déjà plusieurs jours que la maladie avait repris, et, pour la première fois, il allait assumer les conséquences de ses actes, les comprendre, et commencer à détester la maladie qui avait fait de lui quelqu'un de si terrible. Il n'était même plus un humain, en fait, il était ces derniers jours devenu entièrement Bête, il avait fait corps avec elle. Mais seulement maintenant, il s'en rendait compte. Pourquoi uniquement maintenant ? Sans doute grâce à la proche présence d'Athéna Parthénos à ses côtés ces dernières minutes, l'entourant de son havre de paix et bienfait.


« Elenes... Tu es la gentillesse incarnée, depuis quelques temps, je vais mal, atteint de la maladie, et toi, seulement à toi, je faisais confiance. J'avais toujours peur que les autres ne puissent pas garder mon secret, mais te parler m'a enlevé un tel poids sur le cœur..
Tu avais raison sur tous les points, mais rien de ce que tu pourras faire maintenant ne pourra arranger les choses, c'est un combat entre moi et moi-même uniquement, tu ne peux plus m'aider, c'est à moi de régler ce conflit intérieur désormais.
-Atoclès, je ne comprends pas, qu'est-ce que.. cela ne pourrait-il pas t'aider que je venge ton ami Matthias ? Que la police d'Abriville punisse son meurtrier... ?
-Non, en effet, tu ne comprends pas, Elenes. Mon cerveau est trop touché par la maladie, il est trop tard pour essayer de s'en sortir.. Je.. je crois que c'est moi qui ai tué Matthias.. 
J'essaye actuellement de méditer pendant ce que je crois être le dernier moment de lucidité que j'aurai dans ma courte vie.. Elenes, j'ai peur de tuer d'autres personnes à qui je tiens, et encore pire, de m'en prendre à toi dans un accès de folie. Je crois que je vais me rendre.
-... »
Visiblement, les propos d'Atoclès avait choqué l'Opératrice par leur franchise mélangée de violence. 
Elle ne s'attendait pas du tout à cela de sa part., et elle avait compris ce qu'il voulait.
« Atoclès.. pitié ! Les membres du staff seront indulgents, il se contenteront de te surveiller.
-Non, je sais comment ils vont réagir. Bien que Naolia ne soit sûrement pas déçue de la mort de Matthias, ils ne me comprendront pas, et me considéreront comme un fou. Je préfère m'exiler à tout jamais, voir même me donner la mort, car elle seule sera capable d'expier mes forfaits. 
-Atoclès, je t'en supplie, renonces à cette folie, prends le temps d'y réfléchir, tu es assez apprécié dans cette cité, tu peux encore essayer de redresser la situations, et avec les progrès de la médecine, je suis certaine que tu t'en sortiras. Pitié, je ne t'en demande pas tant, je veux juste que tu y réfléchisses quelques heures, dors un peu, tu as besoin de sommeil, prends-en, et réponds-moi après cela uniquement, sinon, j'ai peur que tu passes à côté de la dernière chance de rédemption de ta vie, dit-elle les larmes aux yeux.
-Puisque mon amitié pour toi me l'oblige, je prendrais ce temps que tu m'impose, et je ferais mon choix. »

Et, c'est ce qu'il fit. Il se coucha, et s'endormit.
C'est alors que dans le subconscient de cet homme, allait se jouer un combat. Un choix, selon ce que son cœur lui indiquerait, mais pas uniquement, ce serait selon ce que ses tripes lui guiderait aussi, et même ce que toute son âme lui imposerait. Depuis plus de 60 ans que la [I]Pestilentia Bestiali[/I] existait, personne, à ce jour, n'en avait guéri. Personne n'en avait trouvé de remède, ni même l'ombre d'une solution ayant pu poussé quelqu'un atteint par cette terrible infection, à guérir. Et pourtant, pour la première fois depuis ses 60 ans d'existence, sur le sujet malade Atoclès, allait se jouer un combat décisif pour l'avenir de la maladie. Pour la première fois, peut-être que quelqu'un allait survivre, et combattre, pour revenir du côté des hommes, sans s'abandonner à ses inclinations naturelles.
Le cerveau d'Atoclès surchauffait, d'un côté, il lui serait tellement facile de s'emparer du pouvoir dans la cité, grâce à ses talents, mais cela l'obligerait à tuer et manipuler bon nombre de ses amis, alors qu'il pouvait choisir la voie des Justes et des Droits, se plier à la volonté rationnelle, conservez son honneur, le racheter, et garder son humanité. Le Havre d'Athéna menait alors son combat final contre la maladie, et Atoclès, implicitement au cœur de l'affaire, était sans doute en train de jouer l'un des plus grands rôles de la médecine depuis la création du premier vaccin, et ce, inconsciemment vis-à-vis de lui-même, pour commencer, mais aussi de la race humaine tout entière. Allait-il être entraîné vers la profondeur extrême de la nature bestiale, ou allait-il affirmer son humanité ?
Il ne lui restait sans doute que quelques heures pour le décider. 
Et il dormait. 
Et il se transforma pendant son sommeil. 
Et il eut une vision. 
La plus forte et la plus explicite jamais eu.

Il se trouvait actuellement à la Maison Blanche, où il venait d'emménager, aujourd'hui-même. Son homme de main, présent dans chacune de ses visions pour l'instant, lui servait un verre de cognac :
« Mes félicitations, Mr. Castelo, vous êtes désormais le nouveau Président des états-unis. ».
La vision s'interrompit, puis fut remplacée par une autre, le montrant un an plus tard, à un somment de la Maison Blanche, participant à une réunion importante :
« Messieurs les Généraux de l'armée de l'air, ce que je vais vous demander ce soir est simple, disait-il d'un ton cruel, et vous n'avez pas la possibilité de l'empêcher. Une révolution mondiale à lieue sur tous les continents, et il est impératif que notre pays reste non-touché et intouchable. C'est pourquoi je demande à tous les aviateurs disponibles dans l'armée, de larguer une bombe nucléaire sur les pays concernés ».
La vision se stoppa nette encore une fois, puis vint une troisième :
Il se trouvait désormais au Canada, prêt à partir sur Mars, pour fonder Abriville. Il s'était fait passé pour mort, parce que les survivants n'avaient pas aimé les bombes qu'il avait ordonné de lancer sur les autres pays, et que pour survivre il savait qu'il devait aller incognito sur Mars. Il était donc passé de Antoine Castelo à Atoclès. Et il était venu là-bas pour accomplir sa vengeance. S'il avait décidé qu'il n'y aurait pas de communauté qui se créerait après avoir opéré sa destruction du monde, alors il fallait qu'il élimine toutes les chances de survie d'Abriville en attaquant de l'intérieur, c'est pour cela qu'il était parti. Et oui, car maintenant, il a comprit. Il a comprit et se souvient. Il n'est pas Atoclès, il s'appelle Antoine Castelo, et est un charismatique jeune homme, en 2040, ayant commencé une carrière dans la politique. Ensuite devenu Gouverneur de Californie, il s'apprêtait à devenir Président lorsqu'un jour, touché par l'incident nucléaire de Los Angeles alors qu'il marchait dans la rue, il fut atteint de la Pestilentia Bestiali. Finalement, il survécu et même si une part de folie s'empara de son âme, il réussit à devenir Président. Ayant orchestré la fin du mon terrestre, il est recherché partout sur les continents restant. Il décide de se faire passer pour mort, mais s'incruste dans la navette pour Abriville et tente de la détruire de l'intérieur. Il comprends alors que sa perte de mémoire est due sans aucun doute au Havre d'Athéna Parthénos qui a caché en lui l'influence de la maladie durant les années où le Manteau Vert était dans la cité. Après son retrait de ses fonctions, le Havre n'est plus d'actualité, et la maladie est revenue. 
Mais le fait de savoir tout cela et de se souvenir de son passé n'aidera pas le sujet Castelo à faire son choix final. Il devra s'en occuper seul.
Il se réveille maintenant :
« Elenes, tu m'as bien demandé de faire un choix entre me rendre aux autorités de la cité en avouant mes crimes, ou ce que j'avais choisi au départ, le suicide calme et serein pour m'éviter de m'en prendre à d'autres personnes à qui je tiens, n'est-ce pas ?
-Oui. As.. As-tu choisi ? »
Atoclès, terriblement atteint, était revenu à la base de la bestialité, s'égarant dans les méandres du plus défaut de l'homme qu'est sa tendance à la destruction massive et l'abus qu'il fait en se croyant parfois supérieur au reste de toute l'humanité.
« Oui, et ce ne sera aucun des deux. Je ne me dénoncerai jamais au autorités et personnes ne saura jamais ce que j'ai fais, ni qui je suis. Je suis en réalité un Héros, je suis La Bête.
-Bien, mon Maître, répondit Elenes, une lueur dorée dans le regard... »

Parce que la nuit fut sombre, et pleine de terreurs.
Kénavo !