Concours avril

Adorias

Empereur
LA CLEPSYDRE

L’enfant était caché dans la pièce et se tenait devant la clepsydre utilisée lors des assemblées. On racontait qu’elle datait de la période de Solon, qu’elle avait accompagné les plus grands orateurs d’Athènes. Le principe était simple ; l’eau contenue dans une vasque en terre cuite s’échappait par une petite ouverture pour remplir une seconde vasque placée en dessous. C’était cette ouverture qui déterminait le temps d’écoulement de l’eau et par conséquent, le temps de parole de l’orateur. L’enfant s’agenouilla devant le petit orifice de la vasque et à l’aide d’un couteau, il racla l’intérieur pour l’agrandir.
Satisfait, le farceur quitta les lieux le sourire aux lèvres.

Il existait une tension entre Athènes et Sparte.
Une minorité de citoyens réclamaient la guerre, contrairement à Eron qui prônait la paix. Ce magistrat de renom captivait les foules. Il maîtrisait ses discours et savait les partager avec art et dans le temps imparti. Aujourd’hui, son envolée finale : « La vie, c'est comme le vent sur la roche, elle façonne le caractère de l'homme sans toutefois changer sa nature profonde » toucherait l’auditoire. Mais curieusement, il ne lui restait plus assez de temps pour terminer en beauté. Il s’en rendit compte lorsqu’il regarda la clepsydre se vider. Il commença alors à bafouiller, à paniquer et n’eut pas le temps de finir. Cela lui fut fatal.

L’orateur suivant plaida pour la guerre ; celle-ci fut votée et le père du farceur périt au combat quelque temps après.