[Récit] Recueil de récits - retsnomyrruc

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DeletedUser44469

Guest
Je vais mettre ici mes récits. A savoir que ce n'est pas mon genre de prédilection :)

Libre (battle de mai 2015, gagnant par défaut)
Son courage s'efface devant l'énormité de la tâche, malgré les encouragements de sa famille.

Voilà des mois qu'il est rentré de l’hôpital, qu'on s'occupe de lui. On dit qu'il est chanceux d'avoir survécu, mais lui, il sait que la chance n'y est pour rien, c'est juste que le destin lui réservait bien pire que la mort...

Maintenant, son service militaire n'était qu'un lointain souvenir, une chose terrible dont il ne pouvait parler. Les autres qui prétendaient se sentir meilleurs sans frontières, sans lois pour les retenir, ignoraient ce qu'il pensait, ne pouvaient pas le comprendre. Pour lui, ces quelques années n'avaient été que le début de la fin. On lui rabâchait sans cesse des bêtises philosophiques censées le calmer, comme «ce qui ne te tue pas te rend plus fort», mais lui, il savait la vérité.

On n'entre pas deux fois dans la même prison... c'est vrai, mais aussitôt qu'il a été libéré de sa première prison, aussitôt il se retrouva enfermé dans une autre.

Dorénavant, il n'était pas seulement prisonnier de son passé militaire, qui le suivrait toute sa vie, le hanterait, mais également prisonnier d'un corps physique: le sien. La balle qui l'a frappé le libéra peut-être du monde militaire, mais le condamna aussitôt à son fauteuil...

Il ne se dit pas chanceux, lui. Il se dit condamné. Il ne vit pour rien, pour personne, mais on l'entretient.

«La liberté, me dites-vous? Que savez-vous de la liberté?»

On ne lui répond pas. Évidemment, les libres ne sont libres que de faire ce qu'on leur demande, se dit-il.

On continue à l'encourager, mais il est perdu dans sa tête, c'est le dernier endroit qui lui appartienne à lui seul...

Et puis, d'un coup, il se lève. La famille se met à hurler, à applaudir, même à pleurer.
Il fit un pas, puis deux. Il manqua de tomber. Mais il s'accroche, et de plus en plus vite, il s'approche.

Il attrape le bord de la fenêtre, et regarde sa famille qui s'extasie. Il ne les avait jamais vus aussi heureux... Lui, jamais il ne s'était senti aussi vide. Ses forces commencent à l'abandonner, c'était trop tôt, les docteurs l'avaient dit, ils leur avaient prévenu que c'était impossible, qu'il ne fallait pousser trop loin le miracle.

Il ouvrit avec peine le tiroir.
Il voyait enfin la sortie de son calvaire... Il fallait purifier le feu par le feu.

BOOM.

Enfin... libre.

Les émotions (battle de novembre 2015)
C'est en mangeant un canard à l'ananas soigneusement préparé qu'ils comprirent qu'ils se détestaient. Ils l'acceptèrent difficilement, d'abord, prenant cela comme un échec personnel, une critique de leur caractère.
Ce n'est que plus tard, lors de la générique de Gogglebox, qu'ils remarquèrent que même dans la haine, leur cœur n'y était plus.
La journée passa tranquillement. Rentrés à la maison, ils se mirent à chercher comment cela pouvait leur arriver.
Ils s'effleurèrent des doigts, se caressèrent les lèvres, mais sur leurs visages impassibles il n'y eut aucun mouvement, même pas un frisson.
Les tests finis, ils furent contraints à avouer, consternés, que dans leurs cœurs, il n'y avait que du vide...
Ce vide qui ronge l'âme, car on sait qu'il ne devrait pas exister, qui doit être rempli par quelque chose, n'importe quoi, juste pour ne plus le ressentir.
Car le pire n'est pas la haine. La haine est une émotion facile à comprendre. Ce que l'on craint par-dessus tout est l'indifférence... Dont leur couple en faisait les frais.
L'indifférence totale entre ces deux personnes finît d'achever la seule infime possibilité pour eux de retrouver une quelconque semblance de vie normale, tellement qu'ils furent bouleversés par cette découverte qui leur donnait froid dans le dos et au cœur...

Le mari se souvenait encore bien ce tourbillon de sentiments qui l'avait assailli dès les premiers regards qu'ils avaient échangé, mais ils étaient partis, loin, où il ne pouvait plus y accéder. Le malaise s'était installé, le parasite prenait le contrôle, tout était donc perdu...
Ils ne rêvaient plus d'eux, mais de retrouver les rêves d'antan, ces rêves qui rendaient la vie si facile à accepter, à vivre...
Dehors, la neige tombait sur les têtes de leurs enfants, nés dans les feux d'un amour fusionnel, seule preuve de cette passion qui les avait animé ces nombreuses années, avant de les quitter, tel le bateau qui coule sous les pieds de son capitaine.
A présent, c'était le néant. Le manque créé par leur absence d'émotions à l'égard de l'autre était un trou noir, aspirant tout, même la lueur pourtant immense qui émanait autrefois de leur descendance.
Tout ce qu'ils avaient bâti ensemble, pour rien. Que valent les cadeaux lorsqu'on n'a plus personne avec qui partager notre joie? Que vaut la vie s'il faut la vivre seule? Ces questions qui couraient dans leurs têtes, sans réponse, jusqu'à ce que...

Miracle! Un sentiment! Ils regrettaient leur passé, c'est donc qu'ils ressentaient quelque chose! Et c'est ainsi qu'un jour d'hiver, la joie, pure et intense, alluma une flamme dans leurs cœurs, désolés depuis des mois, des années... Ils dansèrent, sautèrent, s'embrassèrent… Et de cette joie inespérée, tel le phénix, renaquit leur amour, non pas simplement plus fort mais absolument indestructible. La dévastation laissée par ces trois ans de séparation de cœur étaient enfin finies, et jamais, plus jamais, ils ne les vivraient...

Battle de Pâques (avril 2016)
Alice tomba lourdement au sol, au beau milieu d'une clairière, entourée des œufs desquels elle se goinfrait. Elle se mit avec peine à genoux et regarda ses environs : elle vit un éclair blanc passer derrière un arbre des bois, ainsi qu'une multitude d’œufs en chocolat de toutes les tailles imaginables. Regardant l'arbre, elle vit une grande oreille sortir, à l’affût de tout danger.
Elle dit d'une voix qu'elle voulait apaisante : « Hé, mon beau lapin, tu veux bien me dire où on est ? »
La tête du lapin sortît de derrière le tronc, en deux bonds trois mouvements il était aux pieds d'Alice. Le corps ne tarda pas à suivre, et il se remit la tête tout en répondant :
« Ici, c'est mon jardin, et vous êtes tous sur ma propriété privée ! »
« Mais monsieur Lapin, nous ne sommes que deux, de qui parlez-vous ? »
« De ces œufs, voyons ! »
Alice entendît des bruits dans l'herbe et, effectivement, les œufs bougeaient !
« Mais… mais… c'est impossible ! Enfin, non, j'ai vu plus bizarre… ma tête… »
« Votre tête ? C'est votre faute que je n'ai plus la mienne, pauvre sotte ! »
Les œufs se roulaient autour d'eux, fondant légèrement sous le soleil doux.
« C'est vraiment vous ? »
« Puisque je vous le dis. Et maintenant, si vous pourriez disposer, j’aimerais pouvoir avoir un jardin tranquille, sans tout ce brouhaha. »
Au mot « brouhaha », un craquement se fit entendre dans la clairière, envoyant le pauvre lapin se cacher de nouveau. Alice se tourna, mais personne n’arrivait… Crac.
« Qui va là ? »
(Aux œufs) « Taisez-vous, je ne m'entends pas penser ! » Les œufs s’arrêtèrent de bouger.
Crac.
Et puis… un cri.
« Je vous ai dit de vous taire ! Ah… euh… oh. »
Au milieu des restes d'un des œufs, se tenait une créature qu'Alice n'avait vu que dans des livres pour sa petite sœur : un dragonnet, brun comme la coquille qui l'avait entouré, ce qui l'avait caché.
Les autres œufs reculèrent, comme s'ils avaient soudain peur de cet animal nouveau-né.
Le lapin se plaigna assez fort qu'Alice puisse l'entendre : « Voilà, ma tête ne lui a pas suffi, maintenant elle veut brûler ma maison, cette idiote. »
« Taisez-vous donc ! Ce n’est qu'un bébé, vous allez l'effrayer ! »
Alice s'approcha doucement du dragonnet :
« Mon petit, ça va ? »
Il toussa, et une légère gerbe de flammes sortît, en secouant la tête.
« Ma petite ? »
Un hochement de la tête, suivi d'un cri d’assentiment.
De loin, Alice entendait le lapin : « elle est folle, elle est folle, faites qu'elle amène cette chose loin… »
« Monsieur Lapin, par où pouvons-nous sortir ? »
« Par là-bas, et faîtes vite, faîtes vite, ma pauvre maison, mon jardin… »
Suivie par les œufs, qui se mirent à une distance de sécurité de 10m, et du dragonnet, Alice s'en alla… mais lorsqu'elle se retourna pour voir où elle était, elle eût un choc : elle était revenue par l'autre côté de la clairière.
« Mais non, vous abusez, on joue pas à Doodle Jump là ! » elle cria à personne en particulier.
Le lapin, qui siestait, se leva d'un bond en les voyant. Et se barra en sautillant… avant de devoir revenir chercher son chef, qu'il avait laissé aux pieds d’Alice lorsqu’il a littéralement pris ses jambes à son cou.
« Quelqu’un veut ma mort, c'est sûr, c'est certain, déjà que j’ai du retard pour ce rendez-vous… »
« Un rendez-vous avec qui ? Pas la reine quand même ? »
« Non, une sorcière pour rattacher ma tête, que vous avez fait couper ! Et éloignez cette chose de moi ! »
« Mais monsieur Lapin, j’ignore comment sortir, quand je pars je reviens sans savoir comment ! Et je ne peux pas en bonne conscience laisser ce pauvre bébé ici, il mourait ! »
« Il suffit de savoir où vous voulez aller, et vous trouverez votre chemin sans grand mal. Pour cette abomination, amenez-la donc à Doc Ourson, j'ai entendu qu'il aime les choses compliquées, lui. Mais quoi que vous faites ne revenez pas, j'en ai ras-le-cou de vos affaires ! So long, farewell, auf wiedersehen, adieu ! »
(Alice au dragonnet) « Quel lapin bizarre, à chanter la mélodie du bonheur en allant voir une sorcière… Allons donc chez ce docteur, peut-être saura-t-il m’expliquer tout cela, lui… »
Elle entendit, de loin, en s'en allant : « Mon beau lapin, roi des terriers, que j'aime ta fourrure… »

Suite, récit de Pâques
Le chemin s’étendit devant la troupe, et la musique se fit de moins en moins facile à entendre à fur et à mesure qu'ils avancèrent. Sous les feuillages, la lumière ne passait que peu, et ce fût dans une obscurité inquiétante et un quasi-silence dérangeant qu'ils arrivèrent à un Carrefour.
« Génial », se dît Alice, « je pourrai nous prendre un caddie, on avancera bien plus vite… », sans se poser de question, habituée comme elle l’était aux bizarreries de ce monde. « Allez, montez, il faut qu'on y aille avant qu'il ne fasse nuit. On a beau être nombreux, aucun de nous ne sait se défendre… »
Le dragonnet ouvrit sa bouche et cracha quelques flammes.
« Bon, OK, si tu le dis, mais nous c'est pas notre cas ! Alors monte s’il-te-plait. »
Les œufs s’approchèrent et Alice les déposa délicatement dans le caddie un par un. Cela lui prit cinq minutes et lorsqu’elle avait fini, ses mains étaient couvertes de chocolat. Elle leva ses mains vers ses lèvres pour les lécher, mais en voyant cela, les œufs se mirent immédiatement à pleurer…
« Hé ho, ça va, ça va, faut bien que je mange non ? Soyez contents que je ne vous croque pas dedans ! »
Évidemment, cela manqua de rassurer les pauvres œufs, qui se demandèrent dans quel pétrin ils avaient bien pu se fourrer...
« Que faites-vous dans ces bois ? »
Alice se retourna. Devant elle se tenait un grand ours en chocolat, avec de petites pattes lisses, comme ceux qu’on achète en magasin.
« C'est vous le docteur Ourson, j’imagine ? »
« C'est bien moi, mais je ne pense pas avoir eu l’occasion de vous rencontrer, madame. Qui êtes-vous, et d’où connaissez-vous mon nom ? »
« Je suis Alice, c'est monsieur Lapin qui m'envoie. Nous avons failli nous perdre… »
« Attendez, attendez. Vous êtes LA Alice ? »
« Je n'en sais rien, ça semble changer toutes les demi-heures… »
« J'aime un bon débat. Venez, nous en parlerons chez moi, c'est pas loin. Et ramenez cette dragonne que je vois se cacher derrière vous, il ne faut pas la laisser ici, c'est trop risqué. »

E & O
Je me souviens comme d'hier le jour de notre rencontre,
un bonheur absolu dans un secret total.
C'était un jour de presque hiver.
Je suis descendu de mon train, le coeur dans la bouche.
Je m'inquiètais: est-ce que je te plairai?
Cette peur qui s'est avérée infondée, dès que je t'ai embrassé. Nous nous sommes plus dès le premier regard, c'était un succès incroyable. Un mois d'attente ne nous laissait pas déçus. Le désir est monté, tel l'ascenseur, mais l'ascenseur seul est descendu.
Un meilleur moment je n'ai jamais passé que celui dans tes bras. Ce week-end magique me hantera, le fantôme d'une éternité.

Je me souviens comme d'hier, de tes yeux, tes lèvres, ta peau, ton visage qui s'illuminait à chaque geste, à tous mes mots.
Tu es ma Juliet, mais je ne suis pas ton Roméo, tu es ma princesse Peach, et moi un pauvre Mario.
Tu resteras à jamais propriétaire de mon coeur, même si c'est bien d'un autre que tu voudrais des fleurs.

Pour E et O, partis bien trop tôt.

Papa
Si je peux paraître lourd, sache que ce n'est que le poids qui me pèse de vouloir être assez bien pour toi. Si je me mets sur un piédestal, sache que ce n'est que pour essayer d’être à ta hauteur. Si je peux paraître gauche, sache que c'est parce que tu me fais perdre mes moyens. Si je m'exprime avec les mots d'un autre, sache que c'est parce que tu me laisses sans voix. Si je préfère laisser parler la musique pour moi, sache que c'est parce que tu es celui qui fait le rythme de mon cœur. Si je te laisse toujours gagner, sache que c'est parce que tu es ma plus belle victoire et rien d'autre ne pourra te valoir. Si je peux te paraître plein de défauts, sache que c'est parce que je ne suis qu'humain.
Je suis un lâche, un salopard et bien des choses encore.

Si je m'excuse pour tout ça, sache que ce n'est pas pour rien.

Mais je ne suis pas que ça. Je suis un homme qui sait ce qu'il veut : ton bonheur. Je suis un homme qui sait ce qu'il vaut, mais qui ne s'en contente pas. Je ferai tout pour être le meilleur moi qui puisse exister, celui qui pourra, enfin, te mériter.

On te dira que je te mens, que je te manipule. On te dira des sottises jusqu’à ce que tu craques. On te fera exactement ce qu'on me reprochera, croyant œuvrer pour ton bien. Mais l’Homme est faillible, alors je ne pourrai t'en vouloir de les croire. Je ne pourrai t'en vouloir de me haïr à ton tour, toi qui faisais mon bonheur. Je ne saurais t'en vouloir pour quoi que ce soit. Je ne pourrai m'en prendre qu’à moi-même car c'est ainsi que je suis. Et comme je ne pourrai pas en vouloir à quelqu’un, je ne m'en remettrai pas.

Si je te dis tout ça, sache qu'ils ont gagné.
Si je te dis tout ça, sache que je ne regrette que de ne pas t’avoir connu comme je l'aurais voulu.
Si je te dis tout ça, sache que tu hantes chacun de mes pas, chacune de mes pensées.
Si je te dis tout ça… Sache que c'est parce que je t'aime.

Ton père.

Maman
Mon fils, je te demande pardon.

Je t'ai poussé à abandonner ton père, croyant bêtement les choses qu'on m'a dites sur lui, te les faisant croire aussi. Je les ai laissé nous retourner nos têtes sans dire un mot en sa défense, alors que dans mon cœur je savais qu'ils mentaient. Je le regrette tous les jours, ce moment que nous avons passé la porte. J’aurais dû comprendre par ses larmes la véracité de ses propos, mais j’étais tellement remontée que je n'y ai vu que du feu. J'aurais dû comprendre par ses lettres, que je n'ai jamais osé te montrer, mais je les prenais pour les mensonges d'un homme perdu.

Pardonne-moi de t'avoir laissé quitter ton père sans un mot, de t'avoir amené loin de lui, de m’être battue pour qu'il ne puisse pas te voir, jusqu’à me mentir à moi-même. Pardonne-moi d'avoir été lâche, crédule, cruelle et de t'avoir coupé de lui qui nous aimait pour quatre. Tu ne peux imaginer la honte qui me tracasse, de penser que, pour avoir été trop fière pour avouer mes erreurs, je t'ai laissé vivre vingt ans sans lui, sans cet homme qui plus que tout autre était digne d’être appelé « père »…

Je m'en veux de cette couardise qui m’empêche de te dire cela en face, et de celle qui m’empêche de lui le dire, à lui, qui n'a jamais mérité la douleur que je lui ai fait connaître. Sache que si je t’écris cette lettre, c'est dans l'espoir que tu sauras oublier la haine que tu as appris à avoir pour lui qui ne t'a porté qu'amour. Jamais je n'aurais dû les croire… Je ne peux qu’espérer que ce n'est pas trop tard pour vous.

Si tu lis cela, ça l'est déjà pour moi…

Ta mère.

Fils
*Je ne sais pas par où commencer… que dire pour rattraper vingt ans de mensonges, d'absence, de séparation ? Déjà, comment dois-je l'appeler ? Papa ? Père ? On ne se connait pas, j'ai une famille, une vie maintenant… Tout ce que j'ai de lui, c'est des lettres, des explications de maman, des souvenirs d'enfance, rien de concret… Même, comment le contacter ? Une lettre, comme lui ? Un appel ? En tout cas je ne peux pas débarquer à l’improviste. Quoique…
Une lettre, alors.*

Papa, je viens de trouver une lettre de maman, elle y a mis ton adresse. Elle est morte d'un AIC il y a deux mois… Elle y a expliqué que même si c’était trop tard pour elle, elle voulait que nous ayons la chance de nous connaitre. Elle m’a dit qu’elle m’a menti à propos de toi depuis notre départ. Elle a été trop fière pour t'avouer ses regrets, son amour, mais moi, je ne le suis pas.
Quand j'ai trouvé les lettres que tu m'as envoyé pendant tout ce temps, j'ai pleuré. Je ne veux pas rater l’occasion de te voir, de t'avoir dans ma vie. Nous en avons déjà raté vingt ans…
Je sais que ces vingt ans seront difficiles à surmonter, mais je veux y travailler avec toi. Je veux te connaître, comme je voudrais que tu nous connaisse, moi et ma famille… je veux que tu en fasse partie.
J’aimerais que l'on se voit bientôt, pour recommencer.
J’espère que tu me diras oui… J'ai tant à te dire.

Ton fils.

Résistance (battle octobre 2016)
Hiver, jour 5731, calendrier de la Résistance. Année 2530 de l’ère commun.

Voilà plus de deux cents ans que nous avons arrêté, la race humaine entière, de consommer de la viande, tel que cela a été prévu par le traité Monde Vert, en 2296. Ce fut la fin d'un long combat visant à éviter la souffrance inutile des autres espèces et à réduire notre impact sur la biosphère. Quand on pense que tout cela est parti d'une idée si belle, si pure. Bien sûr, il y a eu des sceptiques, des personnes qui n’étaient pas d'accord, mais face à la force unie des états constituant le Conseil Terrestre, ils n'ont tenu qu'une dizaine de jours avant de capituler. Cette victoire ne fit que concrétiser l’impression de faire la bonne chose chez les dirigeants de l’époque.

Maintenant, le dégoût de la viande est tellement enraciné, programmé en nous par la société dès notre jeunesse, martelé par ces professeurs qui nous expliquaient pourquoi être carnivore était aussi grave que tuer un être humain, que même lorsque notre survie en dépend, nous sommes incapables d'en manger. Et même si quelqu’un y arrivait… il deviendrait un pariah. Cinquante ans après l’instauration des mesures anti-viande, le Conseil nous a assuré que la planète se reprenait en main. Si seulement ils avaient su à quel point cela allait être le cas… Une planète « verte », la prévalence des énergies renouvelables, la relocalisation des entreprises et une agriculture vivrière avaient fait des merveilles.

Mais bien sûr, si nous avons pu arrêter de manger de la viande, c'est que nous nous sommes tournés vers autre chose. L'humain est devenu herbivore, tous travaillant ensemble pour produire assez de fruits et légumes pour nous nourrir. Ce qui, pendant cent cinquante ans, a bien marché. Mais avec une telle abondance vient un sens de sécurité que l'on ne peut jamais se permettre. Le taux de naissances a monté exponentiellement alors que le nombre de morts baissait à vue d’œil, et, il y a soixante-dix ans, tout a soudainement changé : nos jardins et nos fermes ne produisaient plus assez pour notre population, alors que soixante pourcent de la masse terrestre était urbanisée. C'est ainsi que nous en sommes venus à consommer d'autres plantes, moins adaptées à notre culture… Ce fut le début de notre fin, bien que l'on ne s'en soit rendus compte que des années plus tard.

Car l’être humain, dans sa suprême folie, n'apprend pas ses leçons. Alors que nous avions failli nous éradiquer plusieurs fois de notre histoire, nous nous apprêtions à lerefaire. Encore une fois, nous nous sommes surestimés… car ce que l'on ignorait, était l’évolution que provoquait notre société chez ces plantes que l'on cueillait encore sans réfléchir aux conséquences de nos actions. Pour peu qu'on l'aurait fait, nous aurions constaté une chose terrible : elles étaient dotées d'une conscience propre, et elles étaient horrifiées par notre absence de pitié. Nous qui avions discuté des siècles durant du bien-être des animaux que l'on élevait pour l'abattage, voilà qu'on se reprenait à recréer ces mêmes problèmes dans le royaume végétal. Mais bien sûr, je vous en parle en rétrospective, sur le coup, nousignorions tout.

C'est donc en l’année 2487 que les premières disparations ont eu lieu. Des personnes s'en allant en forêt pour ne jamais revenir. Paranoïaques que nous sommes, les premiers accusés furent nous-mêmes. Et puis, lorsque les groupes de sauveteurs disparaissaient à leur tour, les animaux sauvages. On ne pouvait pas savoir ce qui nous attendait… le 1er janvier 2492, la panique finit par gagner la population. Des milliers de personnes étaient morts, avalés par l'herbe même sur laquelle ils s’asseyaient alors qu'ils fêtaient le nouvel an. La guerre avait éclaté… alors que nous venions à peine de comprendre qui était l'ennemi. Mère Nature s’était une fois de plus retournée contre nous, et ce désemparement fut la perte de millions de personnes en l'espace d'une seule semaine.

Nous avons tenté de rappliquer par le feu... Mais on n'a pas pu s'avancer, car la planète disposait de plus de ressources que nous.

Le dix novembre 2509, la population humaine était, pour la première fois depuis des milliers d’années, moins d'un milliard de personnes. Ce n'est qu'en 2514 que nous avons pu enfin nous reconstituer une semblance de coordination : ce mouvement, c'est la résistance. Nous sommes un ensemble de groupements séparés qui nous battons, malgré nos ressources faibles, pour la survie de notre espèce. Pour subsister, nous sommes réduits à nous créer une terre brûlée autour de nos campements et à essayer de cultiver assez de fruits et légumes, ces plantes « domestiquées » telles les animaux auparavant. Certains groupes tentent même, par désespoir, de se reconvertir à la viande. A force que nous nous regroupons, notre terrain ressemble de plus en plus aux villages d'antan, et la vie se refait.

Espérons que cela saura durer, que l'on ne s'y reprenne plus à nous croire supérieurs… Car en vérité, la nature pourrait continuer sans nous, alors que nous, nous serions morts sans elle...
 
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NeirdaRoiklem

Guest
Texte décalé et assez improbable comme je te l'ai déjà dit. J'aime bien :)
 

DeletedUser44469

Guest
Je me souviens comme d'hier le jour de notre rencontre,
un bonheur absolu dans un secret total.
C'était un jour de presque hiver.
Je suis descendu de mon train, le coeur dans la bouche.
Je m'inquiètais: est-ce que je te plairai?
Cette peur qui s'est avérée infondée, dès que je t'ai embrassé. Nous nous sommes plus dès le premier regard, c'était un succès incroyable. Un mois d'attente ne nous laissait pas déçus. Le désir est monté, tel l'ascenseur, mais l'ascenseur seul est descendu.
Un meilleur moment je n'ai jamais passé que celui dans tes bras. Ce week-end magique me hantera, le fantôme d'une éternité.

Je me souviens comme d'hier, de tes yeux, tes lèvres, ta peau, ton visage qui s'illuminait à chaque geste, à tous mes mots.
Tu es ma Juliet, mais je ne suis pas ton Roméo, tu es ma princesse Peach, et moi un pauvre Mario.
Tu resteras à jamais propriétaire de mon coeur, même si c'est bien d'un autre que tu voudrais des fleurs.

Pour E et O, partis bien trop tôt.
 
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Wervel

Guest
Correction orthographique :
[SPR]Son courage s'efface devant l'énormité de la (ça sonne mieux) tâche, malgré les encouragements (sauf si elle est pingre sur ce domaine) de sa famille.

Voilà des mois qu'il est rentré de l’hôpital, qu'on s'occupe de lui. On dit qu'il est chanceux d'avoir survécu, mais lui, il sait que la chance n'y est pour rien, simplement que le destin lui réservait bien pire...(je trouve la formulation bizarre, que voulais-tu dire ?)

Maintenant, son service militaire (le "service" seul n'est pas tellement clair, et même là je trouve que "l'armée" voire "sa vie militaire" pourrait mieux convenir) n'était qu'un lointain souvenir, une chose terrible dont il ne pouvait parler. Les autres qui prétendaient se sentir meilleurs sans frontières, sans lois pour les retenir, ignoraient ce qu'il pensait, ne pouvaient pas le comprendre. Pour lui, ces quelques années n'avaient été (ça sonne mieux à mon sens) que le début de la fin. On lui rabâchait sans cesse des bêtises philosophiques censées le calmer, comme «ce qui ne te tue pas te rend plus fort ("fortifie" marché aussi mais celle-ci sonne mieux à mon sens ^^)», mais lui, il savait la vérité.

On n'entre pas deux fois dans la même prison... Pire encore que son passéc'est vrai, sa deuxième, pire encore que son passé, lui fit sortir de la première. (Cette phrase est bizarre, je vois ce que tu veux dire, mais elle mériterais d'être reformulée pour mettre en valeur "On n'entre pas deux fois dans la même prison")

Dorénavant, il n'était pas seulement prisonnier d'un passé de soldat (ce n'est pas la troupe qui le suivra mais son passé si j'ai bien saisi), qui le suivra toute sa vie, le hantera, mais également prisonnier d'un corps physique : (pour la conclusion), le sien. La balle qui l'a frappé le libéra peut-être du monde militaire, mais le condamna aussitôt à son fauteuil...

Il ne se dit pas chanceux, lui. Il se dit condamné. Il ne vit pour rien, pour personne, mais on l'entretient.

«La liberté, me dites-vous? Que savez-vous de la liberté?»

On ne lui répond pas. Évidemment, les libres ne sont libres que de faire ce qu'on leur demande, se dit-il.

On continue à l'encourager, mais il est perdu dans sa tête, et c'est bien(ajout)le dernier endroit qui lui appartienne à lui seul...

Et puis, d'un coup, le miracle se produit :(pour faire écho quand tu utiliseras le même mot plus tard)il se lève. La famille se met à hurler, à applaudir, même à pleurer.
Il fit (parce que prendre son pied ici est peut être un peu trop enthousiasme) un pas, puis deux.
Il manqua de tomber.
Mais il s'accroche et, de plus en plus vite, il s'approche.

Il attrape le rebord de la fenêtre et regarde sa famille qui s'extasie. Il ne les avait jamais vus aussi heureux...
Lui, jamais il ne s'était senti aussi vide : ses forces l'abandonnent ("L’énergie commence à sortir de son corps", trop spirituel ?). Il était trop tôt, les docteurs l'avaient dits, ils l'avaient prévenus que c'était impossible, il ne fallait pousser trop loin le miracle.

Mais à travers ce miracle, alors même que ses jambes se dérobent, il voit (gare au changement de temps en plein récit) enfin la sortie de son calvaire.

Son cœur épuisé s'arrête avant même que son corps ne touche le sol...

BOOM !

Sa famille si aimante disparaît en même temps que sa vue s'éteint. Mais avant que sa conscience ne s'évanouisse, elle lui murmure que, peut-être...

Enfin...

Il est libre...
.[/SPR]

Voilà une correction (peut-être un peu invasive sur la fin ^^) pour ton premier texte. Je regarderais pour les suivants si elle te va.

Un texte intéressant sur le destin tragique d'un handicapé de guerre. Pour mon avis, je pense qu'il devait bien se faire en deux axes : le premier sur sa condition d'infirme, puis le "miracle" bascule sur le deuxième, où on passe de l'espoir à la fin tragique.
 

DeletedUser44469

Guest
Merci, comme tu pourras voir, j'ai gardé la plupart des changements que tu as fait :) cependant ta fin ne m'allait pas, simplement parce que ce n'était pas comme ça que je l'entendais ^^
 

Wervel

Guest
Merci, comme tu pourras voir, j'ai gardé la plupart des changements que tu as fait :) cependant ta fin ne m'allait pas, simplement parce que ce n'était pas comme ça que je l'entendais ^^
avec plaisir, et en effet j'avais mal compris la fin que tu voulais la elle est bien plus compréhensible ;-)
 

DeletedUser44469

Guest
Je me suis mis à écrire un truc mais c'est NSFW donc ça ne sera pas ici ^^
 

DeletedUser46513

Guest
Hey rets, j'ai lu tes 4 écrits, ils sont tous bien écrits ;)
Ton récit sur les émotions est celui que j'ai préféré, le fil directeur est facile à suivre et l'histoire en elle même est captivante, j'aime bien^^
Ton nouveau récit apparaîtra quand ?
 

DeletedUser44469

Guest
Le début est disponible déjà, à condition d'avoir au moins 18 ans et d'en faire la demande xD c'est pas conforme au règlement :D
 

DeletedUser46513

Guest
Au moins 18 ?
C'est un genre particulier ?^^
Bon j'en fais la demande, je suis assez ouvert d'esprit donc ça ne devrait pas me choquer normalement
smiley_emoticons_lol.gif
 

DeletedUser51406

Guest
J'ai lu ton texte, je l'ai signalé.

[SPR]Je blague.[/SPR]

Plus sérieusement, je l'ai lu, et je ne vois aucun problème à ce que tu le publie ici. Tu peux toujours le soumettre à l'avis d'Alyssandre, puisque c'est elle qui s'occupe principalement de la section. :)
 

DeletedUser44469

Guest
Je l'ai déjà fait, et c'était non ^^ c'est pas grave hein :)
 

DeletedUser46513

Guest
C'est dommage, même si le style est particulier, il ne tend en aucun vers ce que vous savez...
 

DeletedUser22852

Guest
Salut,
J'ai commencé par lire "les émotions" car... bah fallait bien commencer par en lire un^^ Je lierai les autres plus tard ;)

Le texte est plutôt sympa, la fin un peu attendu mais bien tourné. L'envolée lyrique a réussi à me décocher une émotion, ce qui est je suppose le but de ce court texte et pour moi il est atteins ;)

Sur la forme: pourquoi tu centres tes textes ?
Le style est simple et direct, moi j'aime bien^^ C'est fluide, pas transcendant mais suffisant pour que la lecture coule toute seule et soit agréable, ce qui est l'essentiel^^

Il y a eu deux moments où j'ai été gêné dans ma lecture:

"L'indifférence totale entre ces deux personnes finît d'achever la seule infime possibilité pour eux de retrouver une quelconque semblance de vie normale, tellement qu'ils furent bouleversés par cette découverte qui leur donnait froid dans le dos et au cœur..." Pour moi la tournure de phrase est mauvaise, a gêné la fluidité de lecture. Le "tellement que" ici c'est pas top, à revoir ;)
Et le "3" serait mieux en toutes lettres ;)

Mais ces remarques c'est juste pour améliorer ton écrit, n'y voit rien de méprisant ou de moqueur, je pense que quiconque écrit a ce genre de maladresses dans ces textes et un œil extérieur permet de les corriger ;)

Sur le fond: le thème est classique et la fin un poil cucul, mais c'est beau et toujours agréable à lire et à écrire aussi je suppose :p
Le début est peut être un peu abrupt mais pourquoi pas^^^

J'attends de te lire sur des choses peut être un peu plus longue, plus développé ;)
 

DeletedUser44469

Guest
Alors, pour le centrage des textes... Aucune idée, je fais ça pour mes poèmes aussi, même si pour les récits c'est sûr que c'est pas trop logique.
Si la fin est attendue, c'est justement parce que j'ai fait relire les deux premières paragraphes et on m'a dit que je ne pouvais pas laisser l'histoire comme ça, c'était trop triste ^^

Ne t'en fais pas, du moment que les critiques sont argumentées et constructives, je ne les prendrai jamais mal :) Je préfère largement ça à "c trow bo" :-D

Je te remercie, donc :)
 
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